Rien ne fut normal dans ces élections municipales de Joigny.
Pour commencer, un adjoint fidèle jusqu'à l'effacement durant plus de 30 ans qui, en Juillet, se découvre une âme d'opposant . Et quel opposant ! Violent et vindicatif au point de créer un malaise au Conseil municipal et dans toute la ville.
Pour continuer, une campagne marquée par les accusations réciproques du maire sortant et de son ex-premier adjoint fraîchement débarqué. Les boîtes à lettres des joviniens en débordaient et le malaise allait croissant , tant et si bien que plus personne n'écoutait les propositions pour la ville , au milieu de ce tintamarre.
Ensuite, entre les deux tours, voici que certains habitants de la ville reçoivent une photocopie de lettre intime du maire qui achève le tableau d'une ville en plein malaise, livrée à des combattants masqués.
Là dessus, le samedi 15 au matin, la liste Moraine se permet de distribuer un dernier tract particulièrement sournois qui, sans le dire clairement, avalise les accusations lancées par les deux listes issues de la majorité sortante. Petite explication de texte...
Dans le tract de cette liste on peut lire : « si le couple Auberger-Ortega ne s'était pas déchiré, la population jovinienne aurait-elle été mise au courant de ces écarts ? Aurions nous été informés ?...Et pourquoi cette information n'a-t-elle été délivrée qu'entre les deux tours ? »
« Mettre au courant, informer, information... »
Ces mots ne sont pas innocents. Ils affirment la réalité des accusations des deux protagonistes alors que le reste du tract fait jésuitiquement mine de les déplorer. J'ajoute que ce tract, qui me mettait aussi personnellement en cause dans sa conclusion, ne pouvait être suivi d'aucune réponse étant donné le moment de sa distribution. Ceci ajoute au caractère anormal et anti-démocratique de ce « document ».
Ce tract, je le répète parce que j'en suis moi-même témoin et que des centaines de joviniens l'ont aussi été, a été distribué le samedi 15 dans la matinée, alors que la campagne était close. Il suffit à justifier l'invalidation d'une élection obtenue à 2 voix dans une ville de 10.000 habitants.
Autre anomalie : alors qu'il met gravement en cause M. Ortega en corroborant les accusations portées contre lui, celui-ci, arrivé deuxième à 2 voix, ne demande pas l'annulation du scrutin que, dans de telles conditions, il était le mieux placé pour obtenir. C'est l'un des nombreux mystères de cette élection à Joigny...
Pour mémoire je rappelle qu'en 2001 en ne se retirant pas de l'élection cantonale alors qu'il était arrivé 3e derrière un candidat de centre gauche, M. Moraine avait facilité l'élection inespérée de M. Ortega...
Celui-ci, qui vient d'atteindre ses deux objectifs, à savoir de se faire réélire conseiller général, et battre M. Auberger, a-t-il véritablement envie d'être maire de Joigny ? Les citoyens lucides et soucieux qu'on arrête de les mener en bateau, ont le droit de se poser la question.
En ce qui me concerne, je m'associe pleinement à la demande d'annulation des ces élections marquées par la violence, la diffamation et les manquements aux règles
L'argument de M. Moraine, qui consiste à dire que les joviniens n'ont pas envie de retourner aux urnes, est pitoyablement démagogique.
Car si la justice administrative annule ces élections, comme l'espèrent tous les citoyens véritablement épris de légalité et d'honnêteté, le devoir d'un maire n'est pas de flatter l'envie de s'abstenir , en contestant par avance le bien fondé de cette annulation, mais au contraire de tout faire pour que le nouveau scrutin soir un succès de participation , d'engagement citoyen et de clarté démocratique .
Peut-être est-ce là le seul service qu'il puisse rendre à notre ville.
Frank THOMAS
Conseiller municipal de Joigny
La campagne pour ces élections municipales de mars 2008 a été marquée par la violence et la bassesse de l'argumentation des deux camps issus de la majorité sortante. Elle a laissé à tous un goût amer et nos concitoyens en sont sortis à la fois inquiets pour l'avenir de leur ville, et avec un sentiment de malaise.
Le déchirement de personnes qui hier encore se prétendaient unies, s'accusant de prévarications, d'incompétence et de traîtrise, risque de laisser des séquelles durables dont Joigny payera le prix.
A cette confusion s'est ajoutée un mensonge dont vous, M. Moraine , auriez pu vous abstenir. Vous avez en effet martelé que votre liste constituait localement le seul rempart contre la politique de l'actuel gouvernement alors, je cite, que « toutes les autres listes la cautionnaient ». Ceci est faux, vous le saviez, puisque mes principaux colistiers et moi-même avions publiquement pris des positions contraires à ces allégations. J'ose espérer que cette grossière ficelle de campagne n'annonce pas votre manière de traiter vos adversaires.
Comme un grand nombre de joviniens, je regrette par ailleurs que les deux débats radio-diffusés prévus au premier comme au second tour n'aient pas eu lieu. Je pense qu'ils auraient permis de dissiper des équivoques et des malentendus et qu'ils auraient éclairé les électeurs, qui en avaient bien besoin. Ceux qui, sous des prétextes fallacieux s'y sont dérobés portent une lourde responsabilité dans le tour que la campagne a pris.
En ce qui nous concerne, nous étions demandeurs de clarté.
Nous nous en sommes tenus à une campagne de propositions concrètes et raisonnables.
Le programme sérieux et réaliste que nous avons développé est passé au second plan, hélas, au milieu du tintamarre des insultes et des intrigues politiciennes. Nous n'avons pas été entendus.
Mais les problèmes des joviniennes et des joviniens demeurent. Ceux de notre ville sont graves et devront être traités dès demain avec sérieux et compétence.
Nous serons vigilants et très attentifs à ce que les promesses faites par la liste gagnante soient traduites en décisions et en actes, sans augmenter inconsidérément le poids de notre dette.
Une nouvelle période s'ouvre pour Joigny. Elle n'a pas très bien commencé, mais je souhaite de tout mon cœur que votre mandature soit bénéfique pour notre cité.
Vous me trouverez à vos côtés lorsque vous prendrez des orientations positives. Je serai en face de vous dans le cas contraire.
Bon vent à la nouvelle majorité, et bon courage !
Vive Joigny et vive la République !
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